Comment j’ai choisi mon papier ? L’hahnemühle photo rag satin

Imprimer ses photos pour une exposition : sur quoi ???

Un petit billet pour vous parler d’un sujet abordé par nombre de mes stagiaires : «Sur quoi imprimer???» En effet, dès que l’on veut passer de l’image virtuelle à la photographie dans toute sa réalité matérielle se pose la question du choix du support d’impression. Les familiers des festivals photo nature ont constaté que la grande majorité des tirages que l’on peut y voir sont ce que l’on appelle des tirages papier sur dibond (une plaque à base d’alu, qui est très fine et indéformable, contrairement au bois ou carton-plume, par exemple. Les avantages sont donc sa résistance et sa finesse. Les inconvénients étant son coût et plus lourd que du carton).

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Avant d’aller plus loin, une précision de taille : on peut réaliser ses impressions directement sur dibond. Je vous le déconseille vivement ! Le résultat n’est pas terrible. Préférez le dibond juste utilisé comme support sur lequel on contrecolle son tirage. Un vrai tirage, réalisé par un tireur qui connait son boulot, sur un papier choisi avec amour ! ♥ L’avantage de cette formule est d’offrir un rendu très pro, tout en permettant de trouver le papier le plus adapté à ses photos. Un beau papier fine art contrecollé transformera un fichier plein de pixels en un objet précieux, avec une texture particulière. Et autre avantage de taille : les tirages papier fine art contrecollé dibond présenteront les photos sous leur meilleur jour quel que soit l’éclairage : sans aucun reflet puisqu’un verre n’est pas utile.

Et ça veut dire quoi, le papier le plus adapté à ses photos ? Voilà la question clé de cet article dont la réponse va déterminer le rendu de toute une exposition ! Il n’y a pas de formule magique. Le choix du papier doit se faire en fonction de deux choses : votre propre intention et les photos à imprimer elles-mêmes.

Comment j’ai choisi le papier de mes photos Bleu Garance ? Pourquoi L’hahnemühle photo rag satin ? 

Petite parenthèse pour les lecteurs nouvellement arrivés dans mon univers : cela fait quelques années que je poursuis un travail sur le mouvement (le mien!) en photo nature. Ce qui a donné naissance à une première exposition il y a 3 ans à Montier, puis à une toute nouvelle que je suis en train de finaliser pour le prochain festival de Montier en der. Un aperçu ici : Bleu Garance.

Dans mon travail sur le filé en photo nature, le rendu papier est fondamental. La plupart des photos de cette série n’ont aucun relief sur internet : la subtilité des nuances, les dégradés, la netteté de certaines parties de l’image… tout ça disparaît sur la toile et l’image ne s’exprime réellement qu’en version papier. Et puis, choisir un papier en prévision d’une expo, j’adore ça ! Après 20 ans de peinture, encre, dessin… j’ai conservé ce goût des belles matières, des médiums élégants et du travail bien fait.

Mes Bleu Garance constituent un travail de recherche sur le mouvement et replacent l’acte photographique à la frontière de disciplines telles la calligraphie. Le geste devient l’outil scripteur. La lumière est mon encre. Le rendu joue sur cette ambiguïté photo/peinture : une image 100% photo, puisqu’elle est réalisée en 1 clic in situ, avec juste de la lumière, mais aussi presque un dessin puisqu’elle est esquissée d’un mouvement de l’apn à bout de bras. C’est cette ambiguïté photo/peinture que je voulais absolument traduire dans mes tirages. J’ai donc cherché LE papier idéal. Je ne voulais pas d’un papier très texturé type papier aquarelle : il ne s’agissait pas de « faire croire » que mes photos étaient des dessins en les plaquant sur un papier à gros grains. Et puis, trop de texture, comme sur certains papiers type chiffons aurait estompé les petits détails de mes images. (Petite parenthèse : en revanche, j’ai déjà imprimé des macros sur ce type de papier, cela rendait très bien). Revenons à mes Bleu-Garance. Je voulais tout !!! Un papier pas trop brillant. Mais pas trop mat non plus pour bien mettre en valeur mes noirs (les mats ont tendance à plomber les noirs) et mes zones de netteté (si, si, je vous assure que mes « flous » sont en partie nets !! C’est même mon plus grand challenge à la prise de vue. Explications en direct lors de mes expos 😉 ). Je voulais un papier qui fasse très beaux-arts plutôt que baryté, mais pas question d’avoir trop de texture. Et qui sublime mes couleurs crépusculaires, plutôt saturées. Bref, un vrai casse-tête ! …En réalité, pas tant que ça. J’avais eu l’occasion de faire quelques essais de différents papiers pour une exposition macro précédente. C’est là que j’avais découvert le papier Hahnemühle rag satin. Et une petite voix dans ma tête m’a immédiatement murmuré que c’était celui-là qu’il me fallait ! Quelques essais plus tard, ce choix se révélait effectivement une évidence.

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Vous vous demandez  sans doute « Pourquoi ce choix ? », « Et il a quoi de plus, cet Hahnemühle photo rag satin ?? »

Ce papier épais (310 g/m² – 100% Coton) a une texture toute légère mais bien réelle : il évoque bien les papiers d’art utilisés en dessin-encre. Il est mat soyeux, ce qui renfonce l’aspect beaux-arts. Mais il a une grande particularité : l’encre, sur ce papier, prend un aspect satiné qui n’efface pas son relief, mais qui a un très beau rendu pour les noirs comme pour les couleurs. Sans oublier qu’il préserve parfaitement les moindres détails. Bref, il a tout ce que je cherchais ! J’ai opté pour des tirages avec marges blanches : cela met en valeur le papier lui-même en offrant un beau contraste entre le velouté mat de la marge et le relief satiné de l’encre, là où la photo est imprimée. Bref, mes Bleu Garance ont vraiment trouvé leur écrin ! Et il ne se passe pas un festival sans que l’on me pose des questions sur mon papier.

Alors, lorsque j’ai reçu la bonne nouvelle -mon exposition « D’Horizon en Abstraction » retenue pour le prochain festival de Montier-, je ne me suis pas posé la moindre question : cette expo-là sera elle aussi imprimée sur Hahnemühle rag satin ! D’ailleurs, pour tout vous avouer, j’ai pu voir mes premiers tirages sortis d’imprimante il y a quelques jours. C’est toujours un grand moment, lorsque des photos inédites sortent de la machine !! C’était… juste parfait ! Comme je l’avais imaginé. Et j’ai vraiment hâte de partager avec vous cette aventure exposition.

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Comme vous l’avez deviné, je suis une grande fan de ce papier, et je suis heureuse qu’Hahnemühle soutienne mon travail. Mais si vous êtes familiers de ce blog, vous me connaissez : cet article n’est pas une simple pub pour un papier. C’est un véritable retour d’expérience sur ce qui a motivé mon choix pour cette série de photos. Je ne peux que vous inciter à faire des essais, à travailler avec des beaux papiers et des pros de l’impression (Merci Hahnemühle et merci Pascal – Declic Editions !) et surtout à chercher le papier qui conviendra à vos photos, et saura mettre en valeur leur spécificité !

Belle préparation d’expo si tel est le cas, et rendez-vous très bientôt à Montier ou ailleurs, pour parler de tout ça en direct, si vous le désirez… ou accessoirement pour découvrir mes nouvelles photos ! 🙂

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