Fleur improbable : la ficaire nocturne

Il y a quelques jours, partie arpenter de nouveaux sous-bois, je suis tombée sur un tapis de petites fleurs toutes simples  : des ficaires fausses renoncules. Une de ces espèces sauvages sans prétention, boudées par la plupart des photographes nature. Peut-être est-elle trop commune? Pourtant, ce sont ces sauvageonnes qui embellissent notre quotidien. Elles sont là, juste sous nos yeux à chaque instant, véritables baume à la grisaille intérieure et extérieure. J’espère ne jamais perdre cette capacité à m’émouvoir à la vue de ces plantes banales qui nous entourent. On se sent tellement vivant(e), tellement ancré(e) dans notre monde, dans le présent, lorsqu’on prend le temps de regarder autour de soi, plutôt que d’imaginer ce qui se passe ailleurs!

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Ficaire noctambule : Lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune…

Revenons à ma ficaire. Banale certes, pourtant, celle qui se dressait devant mon objectif était improbable! La ficaire, comme l’anémone sylvie et de nombreuses autres fleurs, a la particularité de se fermer en l’absence de lumière. Pas de fleur de ficaire épanouie par temps gris. Et pas non plus de pétales ouvertes lorsque le soleil se couche! Pourtant, parmi toutes ces ficaires déjà repliées pour la nuit, l’une d’entre elles jouait les rebelles ce soir-là, corolle fièrement déployée!

… Voilà ce que l’on photographie généralement lorsque l’on veut mettre en image une ficaire au coucher du soleil.

Fleur de nuit : l’heure bleue sur logiciel?

Parfois, il m’arrive de croiser des photos surprenantes sur les réseaux sociaux : fleurs de jour encore grandes ouvertes à l’heure bleue. De jolies images, mais en contradiction avec la réalité botanique. Elles sont souvent le fruit d’un travail de post-traitement : jouer avec la balance des blancs permet de simuler la nuit en plein jour ou le coucher du soleil. Même si je cherche de belles images, je suis venue à la photo par la botanique : je ne suis pas très fan de ces ambiances artificielles. Les deux photos de ficaire ci-dessus n’ont pas subi de grosses modifications sur ordinateur : j’ai attendu la bonne heure, la bonne lumière, pour déclencher. Je préfère de beaucoup avoir de temps en temps une belle surprise improbable dans la nature, comme la première ficaire de cet article.

heure bleue
La balance des blancs crée l’heure bleue

Pour compléter, je me suis livrée à un petit jeu pour illustrer la façon dont on peut transformer une photo en quelques coups de curseur (teinte, balance des blancs). J’ai utilisé lightroom, mais ce sont des retouches de base, accessibles dans n’importe quel logiciel photo. De nombreux boîtiers reflex permettent également d’obtenir ce genre d’effet en appliquant des réglages spécifiques directement dans le menu de l’apn.

La première photo est brute de capteur, prise en toute fin d’après-midi, aux « golden hours ». Les deux autres ont été réalisées en deux clics : Le curseur crée le jour et la nuit, non? 😉

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balance des blancs

… Voilà comment même les couche-tôt peuvent obtenir sur ordinateur une photo à l’heure bleue, en oubliant juste parfois que cette image ne respecte pas son sujet, lorsqu’elle plonge dans une obscurité esthétisante une fleur qui ne peut pas être épanouie en l’absence de soleil. 

A très bientôt pour la suite de cet article, avec quelques dernières anémones sylvie! Puis ce sera sans doute au tour des premières orchidées d’entrer dans la danse.

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