Il neige sur la mousse

Retour sur l’un de mes sujets macro d’hiver préférés: la photo de mousse en contrejour et à grande ouverture, histoire de jouer avec le flare.

Faire des photos de mousse dans la neige, c’est facile?

Cette année, j’avais très envie de faire des macros de mousse dans la neige. La chose n’est pas aisée! En effet, il faut qu’il y ait de la mousse mûre à point, c’est à dire aux brins assez gorgés d’humidité pour bien prendre la lumière. Ça,  c’est une situation assez fréquente en cette saison.  Mais il faut aussi de la neige, et la neige en Champagne, ça n’est jamais gagné. Et puis, dernière exigence nature, et sans doute la plus aléatoire, il faut que cette couche de neige soit juste assez fine pour laisser émerger les minuscules brins de mousse d’un tapis blanc.

Et si la neige est tombée en trop grande abondance? Il reste la solution que j’ai utilisée pour réaliser les photos de cet article: attendre qu’elle fonde juste assez pour laisser pointer les petits brins de mousse. (Cette méthode ne marche pas lorsqu’il y a un mètre de neige, ou alors, il faut être très très très patient 😉  )

Neige et soleil: Contre-jour en jaune et blanc

Vous commencez à me connaitre: dès que je le peux, je photographie à contre-jour  Et la mousse, justement, se prête à merveille au contre-jour. Traversée par le soleil, elle devient luminescente. Et lorsque le jaune vitrail de ses soies se reflète sur le blanc froid de la neige, on obtient un contraste très dynamique, pas toujours facile à gérer en raison des reflets sur la surface blanche, mais qui permet d’obtenir autant de flare que l’on veut ;-).

Un duo de mousse sous la lune
Un duo de mousse sous la lune

Le soleil dans les yeux

Quitte à jouer les contrastes, je suis allée jusqu’au contre-jour le plus violent que je puisse imprimer sur mon capteur: face au soleil montant, j’ai régulièrement photographié la mousse en jouant avec les flares et le bokeh, jusqu’à obtenir l’image la plus graphique et contrastée possible. Au delà, on perdrait à la fois trop de détails dans les zones claires (et trop de blanc cramé) et trop de couleur dans les zones plus sombres.

Contre-jour, goutte, mousse et neige
Contre-jour, goutte, mousse et neige

Flare et neige fondue

Fin de la séance photo: j’ai cherché une zone où la lumière était plus diffuse, pour jouer avec les derniers cercles de lumière qui irisaient la neige fondue pour dessiner un petit paysage scintillant.

Gros plan et flare sur la mousse
Gros plan et flare sur la mousse

Mousse, neige et soleil: une photo à suivre minute par minute!

Entre la fonte rapide de la mince couche de neige, et la lumière du soleil qui perd très vite sa douceur rasante matinale pour devenir trop violente, il faut se tenir prêt!  J’adore cette sensation de « course contre la montre », cette quête des quelques minutes durant lesquelles la photo que l’on a en tête sera possible (ou pas si un nuage passe). Cela rappelle au photographe que le matériel sans l’oeil et la patience n’est pas grand chose. Au final, c’est la nature qui décide, pas l’APN.

Astuce photo: Il est tout à fait possible d’introduire des flares dans une macro de mousse sans neige: la brillance d’une surface humide (pluie, rosée…) créera le même type d’effet si elle est éclairée par une source lumineuse arrière (c’est à dire une source lumineuse face à vous).

Nat'Images | Dossier macro en hiver

Articles en liaison:
  • J’ai écrit cet article dans l’idée de compléter le dossier plus complet que j’ai publié dans le Nat-images n°17 sur la macro flore en hiver. Je n’ai donc pas reparlé ici de la façon de trouver et de composer nos photos de mousse. 
  • En suivant le lien, vous trouverez une photo de mousse dans la neige, prise  sous une lumière moins vive et sans brillance en arrière-plan: des teintes plus douces, et surtout, presque pas de flare.
  • J’ai mis à jour mon port-folio (tout arrive!) avec une galerie réservée aux macros mousse réalisées cet hiver.  

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