Macro nature à l’ombre du vent

Entre pluie et vent, la macro nature, c’est quand?…

Les sorties photo sont rares, en ce moment. Même lorsque j’ai le temps, pas facile de se motiver: froid, pluie, et j’ignore s’il en est de même chez vous, mais ici, il y a toujours du vent. Pas de tempête à décorner un escargot, mais comme tout macroteux ( 😉  ) qui se respecte, le vent est souvent mon ennemi.

En effet, pour obtenir mes fonds aquarellés, je travaille en priorité ouverture, et j’ouvre beaucoup mon diaphragme (f/petit nombre) pour avoir une toute petite zone de netteté qui contraste avec le flou alentours. Du coup, plus la profondeur de champ est faible, plus la mise au point sera délicate: un poil de millimètre de décalage, et la visée se fait en dehors de la zone de netteté, envoyant la photo dans la corbeille (mise au point manuelle). Vous imaginez qu’un vent de 15 ou 20 km/h complique les choses, même avec un objectif stabilisé!

Hier, trop en manque de photos, je suis partie, en dépit du vent et du manque de lumière. J’ai même considéré ces deux paramètres  comme une contrainte à exploiter, pour éviter la macro-tradition.

Une macro nature créative dans le vent

Je vous propose donc trois façons de photographier sans lumière et avec du vent, sans pour autant monter dans des ISO extrêmes (maximum 400 ISO), ou comment détourner des facteurs défavorables au service d’une macro nature un peu différente des standards.

Flou de bouger sur orchidée

Orchidée orchis pourpre, macro nature et vent
Orchidée orchis pourpre, macro nature et vent

Une première photo de saison: une orchidée sauvage (orchis pourpre). Elles sont maintenant bien épanouies et éclairent en grand nombre sous-bois et pelouses naturelles. Mais leur haute taille offre une telle prise au vent qu’il était difficile de les photographier avec un piqué et une netteté satisfaisants. Du coup, changement de cap: on baisse les ISO pour obtenir une vitesse suffisamment lente pour simuler le balancement de l’orchidée sous la brise.

De nombreux essais ont été nécessaires (essais-erreurs en variant la vitesse, l’angle de prise de vue, en ajoutant au mouvement du vent un mouvement de l’appareil…) pour obtenir l’image que je voulais faire: L’orchidée devait être reconnaissable (et même identifiable par les botanistes) et je voulais une atmosphère toute douce, renforcée par un petit post-traitement au niveau des teintes pour obtenir cette image texturée aux nuances un peu surannées.

Gagner en vitesse en s’éloignant du sujet

Un peu plus loin et un peu plus tard, un buisson d’aubépine épineuse (Crataegus laevigata) a retenu mon attention. Cette espèce d’aubépine offre des fleurs un peu plus grosses, aux grappes moins denses que sa cousine l’aubépine monogyne (Crataegus monogyna). Il est donc plus aisé d’isoler une unique fleur dans un plan large.

Fleur d'aubépine, macro à l'ombre
Fleur d’aubépine, macro à l’ombre

En s’éloignant de son sujet pour photographier en plan large, on peut se contenter d’une zone de netteté plus petite, et donc on peut ouvrir davantage le diaphragme, tout en conservant une vitesse suffisante pour contrer ce vent un peu trop présent et figer son sujet.

Clair obscur en ombre chinoise: la macro en faux noir et blanc

Enfin, la dernière image de cette sortie macro: lorsque la luminosité baisse, il est relativement facile de jouer avec un contrejour. Le contrejour peut aller du contrejour hyper-vitaminé au noir et blanc (selon l’intensité de la lumière, l’angle de prise de vue, le contraste, la transparence ou non du sujet…). Hier soir, j’avais envie de calligraphier une plante dont j’adore le graphisme japonisant: l’euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides)

euphorbe macro en ombre chinoise
euphorbe macro en ombre chinoise

Un trou dans la végétation pour simuler un vignetage, un contrejour assez direct pour obtenir un contraste et une photo en « faux noir et blanc », un peu dans l’esprit de ma macro lunaire de charançon, mais plus « dessinée à l’encre de chine » sur papier blanc, pas sur lavis bleu ;-).

Comme dans la situation précédente, plan large, zone de netteté réduite et contrejour pour « récupérer » un peu de lumière du ciel gris permettent de compenser le vent et le ciel couvert.

Au final, même avec le vent et les nuages, la macro nature, c’est possible 😉 Et tant mieux! Cela évite de sombrer dans la désespérance d’un printemps sans photos :-).

Très bonne fin de semaine à tous et toutes.
Et rendez-vous pour certains ce weekend dans le Loiret ou le suivant en Lorraine, autour de mon exposition Lumière rouge.

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