Rouge et or: vive la photo couleur!

Envie de couleurs! Envie de soleil! Du coup, je vous fais partager mes envies à travers ces deux photos réunies autour d’une palette d’or et de pourpre (et je réalise à l’instant que ce sont-là les couleurs de l’automne!). La première, le petit papillon azuré, date d’il y a quelques jours. La seconde – un filé d’arbres en ombre chinoise au bord de l’étang-  est beaucoup plus ancienne: elle a été prise en hiver dernier.

Les associer ici, juste pour se convaincre que laisser filer l’été pour entrer en automne ne signe pas la fin des couleurs sur le capteur… Vive le rouge et or, qu’il se décline en plein ciel ou qu’il envahisse le feuillage des arbres.

Clic sur les photos pour agrandir

Très bonne semaine à tous!

J’ai trié et développé beaucoup de photos inédites, ces derniers jours (merci la pluie? 😉 ) Je vais essayer de trouver le temps de revenir très vite ici, avec de nouvelles ambiances lumineuses, sans doute moins saturées. Et si quelqu’un a le secret des journées qui s’allongent à volonté, je suis preneuse! A bientôt!

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Avant de vous quitter, je ne résiste pas à vous livrer ce poème de Charles Baudelaire qui raconte comment il vit et crée au rythme des saisons. A la veille de passer d’une saison à l’autre, il m’a semblé de circonstance.

Paysage

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l’atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d’éternité.

Il est doux, à travers les brumes, de voir naître
L’étoile dans l’azur, la lampe à la fenêtre,
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l’hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d’eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l’Idylle a de plus enfantin.
L’Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D’évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

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